
Après des études en sciences Po, diplômé en Droit International, rien ne prédisposait Cyriaque Bassoka au métier de producteur. Cette vocation lui est surtout venue grâce à sa rencontre avec Pamélo Mounka dont il déplora l’oisiveté à Paris après la période faste de L’Argent appelle l’argent etc.
“ Pourquoi ne reprends-tu pas tes titres ? ” lui suggéra Cyriaque Bassoka. “ Je te produirais ” ajouta-t-il. Aussitôt dit, aussitôt fait. Pamélo rentra en studio et reprit du poil de la bête après les premiers succès. Il trouvera la mort à Brazzaville suite à un sale concours de circonstances dont, notamment, un diabète mal soigné et l’incurie du régime de Lissouba. On mit du temps pour faciliter son évacuation sanitaire en France. “ C’est moi qui ai les dernières photos de Pamélo vivant ” nous assure Cyriaque. De quoi exciter la curiosité du musicologue. Des images de ce monstre de la chanson peu avant sa mort ? Autant dire qu’il s’agit d’icônes, d’œuvres précieuses, des reliques pieuses pour un rite perpétuel chaque fois que le spleen nous gagnera. Culte de la personnalité ? Disons plutôt culte de la culture.

L’ic�ne
Pamélo est né le 10 février 1945 à Brazzaville. Selon une biographie écrite de sa propre main, il composa sa première chanson à 9 ans, en 1954. En 1963, à 18 ans, ce compositeur au style si original chante dans Les Bantou, en 1964 dans Africa-Fiesta de Tabu Ley, puis en 1965 encore dans les Bantou. En 1973, il monte Le Peuple en compagnie de Nkoula Célestin et Mountouari Kosmos. C’est le trio Cépakos emblématique d’un mode d’arrangement jouant à l’excès sur la contre-mesure (pensez “ Soso ya yambo ou encore ” Mwana Mboyo). Cinq ans plus tard, après des pressions politiques, cet oiseau rare rejoint Les Bantou. Au début des années 1980 Pamélo décide de faire carrière seul à Paris en signant avec le producteur antillais Eddy Gustave. C’est l’apothéose avec L’argent appelle l’argent et Ce n’est que ma secrétaire. En 1983, il fête ses vingt ans de carrière, enregistre avec Tabu-Ley. 1988, Pamélo tombe malade. En février 1989, il est évacué en France pour des raisons de santé par la présidence de la République. Il subira plusieurs interventions chirurgicales…. “ Il y reste jusqu’à la fin de l’année 1990. ” note un biographe.
Bassoka & Mounk’a
Pendant son hospitalisation, il rencontre un jeune promoteur Congolais, Cyriaque Bassoka. Les deux compatriotes décident de travailler ensemble pour la réalisation de l’album “ D’ici l’an 2000 ” qui sortira en France sous forme de LP et K7.
En 1995, sortie de deux albums “ Les merveilles du passé ” de Pamelo Mounk’A avec Les Bantous de la capitale . Le 16 janvier 1996, Pamelo Mounk’A décède au CHU de Brazzaville de diabète. Il sera enterré avec tous les honneurs d’un grand Monument de la Musique Congolaise.
Simon Mavoula